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Economie | A Brantôme, Fybots fabrique le premier robot autonome de désinfection par voie aérienne

Régis Braun, le directeur délégué de Fybots, a présenté le robot au préfet

A Brantôme en Dordogne, l'entreprise Fybots fabrique un produit unique au monde : le premier robot de désinfection des surfaces par voie aérienne. Ce bijou de mécanique de précision, autonome et géo-localisé peut couvrir jusqu'à 30 000 mètres-carrés. L'engin de 250 kg a déjà séduit de grands groupes comme Airbus, L'Oréal ou Intermarché. L'entreprise compte accélérer la cadence pour atteindre les 1 000 robots par an d'ici trois ans. Les perspectives de développement sont bonnes et une vingtaine d'emplois locaux devrait être créée d'ici trois ans, alors qu'ils ne sont que trois salariés actuellement.

Régis Braun, ancien directeur de site chez Hermès a fait un pari un peu fou en se lançant il y a trois ans et demi dans l'entrepreunariat : celui de développer un produit de haute technologie pour créer des robots nettoyeurs uniques au monde en Dordogne. Les premières années, la société Fybots a souhaité rester discrète pour mener à bien ce projet. Installée à Brantôme, en Périgord vert, elle produit le premier robot au monde de désinfection des surfaces par voie aérienne.
"Nous sommes partis de zéro en 2017. Nous avons récupéré le prototype auprès des fondateurs et nous nous sommes dits que nous pouvions le fabriquer ici en s'appuyant sur des compétences locales." C'est ainsi que Régis Braun embarque dans l'aventure, trois salariés expérimentés dans les domaines de la mécanique industrielle, en robotique et en électronique, William Labe, Frédéric Choteau et David Longueville. Pour faire aboutir ce projet, une dizaine de partenaires locaux se sont associés à cette aventure.
C'est ainsi que depuis deux ans, Fybots fabrique un balayeur destiné aux entreprises. "Il est entièrement autonome, géolocalisé, il peut couvrir une surface jusqu'à 30 000 mètres carrés. En deux ans nous avons réduit le délai de fabrication d'un mois et demi à une semaine. Une de nos volontés est de devenir un acteur majeur sur ce marché de la désinfection, en nous adaptant à la demande de nos clients, puisque nous proposons des prestations complètes", ajoute Régis Braun. Ce robot balayeur, a déjà séduit de très grosses entreprises comme Airbus, L'Oréal ou Bouygues, le groupe Intermarché. Une cinquantaine ont déjà été vendu. Le robot coûte entre 70 000 et 80 000 euros : il s'en vend en réalité peu, car Fybots propose à ses clients des Locations avec Option d'Achat (LOA), pour des loyers compris entre 1200 et 1400 euros par mois sur 4 ans. 

La Covid 19 ouvre de nouvelles perspectives

Fybots envisage d'adapter son robot, d'ici la rentrée prochaine a un nouveau marché qui pourrait s'avérer porteur. L'entreprise qui est restée fermée pendant trois mois à cause de la crise du Covid-19 a été contactée pour fournir des robots qui permettent de désinfecter les sites industriels. Le service recherches et développement, implanté en Région parisienne, planche aussi sur le domaine des transports. Fybots s'est associé ces dernières semaines à Octopus, une entreprise angevine, spécialisée dans la production chimique. Ce partenariat a donné naissance à une solution robotique qui diffuse des brouillards secs de produits désinfectants aux normes sanitaires et alimentaires, sans dépôt résiduel, sans risque d'altération des surfaces et équipements sur site et permettant un retour rapide et sécurisé du public après désinfection. Le prototype est en cours d'évaluation dans deux grandes entreprises françaises.
L'entreprise périgourdine travaille aussi sur d'autres projets notamment dans le milieu hospitalier, mais qui impliquent l'obtention d'agréments sanitaires spécifiques. Les perspectives de développement de Fybots sont bonnes. "Nous espérons créer une vingtaine d'emplois locaux d'ici trois ans et produire un millier de robots par an," indique Régis Braun qui réfléchit à développer des partenariats avec des centres de formation et des établissements scolaires pour mettre en place un cursus spécifique. La société, qui a obtenu le soutien du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine et de la plateforme Initiative Périgord, espère devenir un acteur du développement numérique dans le département. 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : Claude-Hélène Yvard

Publié sur aqui.fr le 02/07/2020