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Politique | Pau: François Bayrou ré-endosse son rôle de Maire dans la gravité

François Bayrou, grave lors de son discours d'investiture pour son 2ème mandat de maire de Paule 3juillet

Dans un contexte de crise majeure annoncée, c'est par un discours marqué du sceau de la gravité que François Bayrou a entamé son nouveau mandat de maire démarré quelques instants plus tôt sous les applaudissements nourris de ses colistiers de campagne, membres de la majorité renouvelée de la Ville de Pau. Un siège obtenu sans surprise avec 38 voix exprimés en sa faveur, 10 votes blancs et 1 vote attribué à l'autre candidat au siège de maire Patrice Batoloméo, 7ème sur la liste de l'opposant Jérôme Marbot. A noter pour ce conseil inaugural de la mandature : Joëlle Chiffoleau, Geneviève Pedeutour et Odile Denis, proches de François Bayrou n'y ont pas participé pour cause de démission. Elles ont été remplacées par les 3 personnalités suivantes de la liste : Xavier Lalande, Lise Arricastre et Jean-François Plègue.

François Bayrou, tout de même visiblement heureux, ne l'aura pas caché : « ça n'est pas aussi émouvant que la première fois. Mais les premières fois sont toujours un moment particulier !» a-t-il ainsi commenté une fois les applaudissements retombés.

Après un temps de remerciements et de salut à tous les candidats s'étant engagés dans la course aux municipales, « y compris aux listes du premier tour », c'est bien dans un discours de gravité (le mot aura été répété à de nombreuses reprises) et de responsabilité que s'est lancé le (nouveau) maire de Pau. Une gravité dictée par la crise économique et sociale « majeure » qui se dessine en lien avec le Covid déjà venu perturber l'élection.
« Ce que nous avons vécu, à mon avis, est moins grave que ce que nous allons vivre. Nos compatriotes n'ont pas conscience de ce que peut entraîner la dégradation de la situation économique du pays, de l'Europe et de la planète. C'est un château de carte qui s'écroule. Et c'est beaucoup plus rapide et chaotique que le temps de sa reconstruction. (…) Nous allons nous trouver mis en demeure de réinventer le système économique et probablement aussi l'architecture sociale du pays tout entier et au delà de l'Europe et du monde. Dans une telle crise, les communautés de proximité, au premier rang les communes, vont avoir une responsabilité particulière », énonce-t-il.

"Cette fois ci, c'est grave. Nous sommes au pied du mur"
Une responsabilité que le premier édile de la Ville a appelé à assumer « en co-responsabilité » avec l'ensemble des élus du Conseil : « Nous avons été élus conjointement, je ne ferai aucune différenciation sur ces bancs entre les élus qui vont devoir partager cette responsabilité », assure-t-il, prévenant déjà que « les défis sont sans commune mesure avec les moyens ».
Un discours qui s'est pourtant voulu teinté d' « optimisme », parce que « c'est dans ces moments graves et destabilisés que les femmes et les hommes découvrent la force des liens qui les unissent, et leur capacité d'inventer, d'innover et de faire naître des solutions qui n'existaient pas. » Appelant les élus, dans ce contexte, à travailler à « un climat moins polémique » que ne l'est d'habitude le conseil municipal, il a également montré une forme de confiance à la nouvelle équipe municipale, majorité et opposition confondues, « je sais que chacun d'entre nous va faire de son mieux pour participer à l'effort commun. Il faut que nous fassions l'inventaire de nos forces et des difficultés que nous allons traverser », avant d'ajouter une fois encore « cette fois-ci c'est grave, nous sommes au pied du mur ».

Un travail "constructif et exigeant" pour la minorité
Un discours bien entendu et bien accueilli par les membres de la « minorité » ; terme préféré à « opposition » sur proposition de Jean-François Blanco (EELV) volontiers acceptée par François Bayrou. Dans les prises de paroles de Jérôme Marbot (PS), Jean-François Blanco, Olivier Dartigolles (PCF) ou encore de Patrice Bartolomeo, tous ont dit « partager la gravité des propos » de François Bayrou et appelé de leurs vœux « un travail constructif et exigeant » permettant de « s'entendre sur des priorités, un chemin et des réflexions communes ».
Autre sujet de gravité souligné par la minorité, et qu'avait avant eux aussi pointé avec inquiétude François Bayrou dans son discours, l'absentéisme de masse de cette élection municipale, proche de 60% à Pau. L'autre objectif fort et partagé de ce mandat palois se jouera donc aussi autour du projet exprimé par son maire « d'essayer de faire de cette ville un laboratoire de ré-enracinement de la vie démocratique ».

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : Capture d'ecran Pau.fr

Publié sur aqui.fr le 03/07/2020