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Société | Des "Vacances apprenantes" pour rattraper le retard dû au confinement

"Vacances apprenantes"

Le 7 juillet 2020, la rectrice de l’académie de Bordeaux, Anne Bisagni-Faure, s’est rendue au collège Auguste-Blanqui de Bacalan à Bordeaux, afin de juger de la mise en place du dispositif vacances apprenantes. Cette initiative de l’éducation nationale doit permettre aux élèves qui le souhaitent, de retrouver une stabilité scolaire le temps d’une semaine du 6 au 10 juillet, afin de compenser la période du confinement.

Pour Virginie Merle, principale au collège Auguste-Blanqui de Bordeaux, « le retour au collège doit tenir la route et doit permettre de récupérer au maximum les élèves décrocheurs », explique la principale. Le collège Blanqui n’a cependant pas eu à déplorer de décrochage scolaire durant le confinement, « avec les dispositifs de cours en ligne, nous n’avons perdu aucun élève en chemin », affirme-t-elle. Mais ce dispositif s’inscrit parfaitement dans l’ADN d’un collège comme celui d’Auguste-Blanqui, où les dérochages scolaires sont réguliers tout au long de l’année. Pour Florence Peydiere, la CPE du collège, « il faut à tout prix que les élèves se réapproprient le collège, que cela devienne l’espace des élèves et pas des adultes », explique-t-elle tout en rappelant que même si certains élèves ont été vivement incités à participer, ce dispositif est bâti sur la base du volontariat.

Anne Bisagni-Faure et Virginie Merle

 Les collégiens doivent se réapproprier leur espace de travail

« Vacances apprenantes » peut devenir le premier jalon de ce nouvel espace où les élèves se sentent intégrés par des activités ludiques en plus des cours du matin. En effet, en plus des leçons matinales, les collégiens peuvent profiter l’après-midi d’activités périscolaires leur donnant accès à des lieux culturels ou des activités sportives. Pour aider le collège à organiser ces activités, l’équipe pédagogique s’est rapprochée de plusieurs associations et d’animateurs qui prennent en charge les activités de la deuxième partie de la journée. Au programme pour les jeunes, tournois de sport, sortie à la base sous-marine, et activités artistiques.

Ce matin du 7 juillet, une grosse vingtaine d’élèves a donc rejoint le préau du collège pour un soutien éducatif ludique sous forme de petits jeux ou d’énigmes, pendant que plusieurs autres groupes d’une dizaine d’enfants sont, eux, restés en salles de classe pour des cours plus classiques, sous la houlette de leurs professeurs. Tous sont espacés de plus d’un mètre cinquante, et il semble, que les gestes barrière soient encore dans toutes les têtes, puisque tous les collégiens se désinfectent les mains à l’entrée et mettent un masque pour rejoindre leurs salles de cours.

Priorité aux élèves les plus fragiles

 

Lors de l’arrivée de Anne Bisagni-Faure, la rectrice de l’académie de Bordeaux, ce sont 4 élèves du dispositif UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) qui l’accueillent avec une présentation de leurs travaux. Pour ces élèves, qui arrivent sur le territoire sans parler français, il était primordial de pouvoir poursuivre leur apprentissage du français afin d’intégrer par la suite un cursus scolaire classique. Cette semaine supplémentaire au collège doit permettre de consolider les bases acquises de ces collégiens. La rectrice d’académie ne manque pas d’adresser quelques mots d’encouragement à ces élèves qui produisent un gros effort pour intégrer une scolarité traditionnelle, « on a confiance en vous », assure-t-elle avant de se diriger vers les salles de classe où d’autres élèves commencent les cours. La rectrice n’hésite pas à souligner que « les inégalités se sont creusées pendant le confinement » et ce dispositif a donc pour but de rééquilibrer les chances pour les élèves les plus touchés.

En ce sens, la situation du collège Auguste-Blanqui n’est pas anodine, puisqu’il se situe en zone d’éducation prioritaire, il était donc important de garder le contact avec ces élèves très exposés à l’échec scolaire. Pour les 38 élèves choisis pour la semaine de juillet et les 38 autres pour la semaine d’aout, l’enjeu va bien au-delà de l’apprentissage puisqu’il s’agit de garder un lien fort avec l’éducation, et Anne Bisagni-Faure le souligne « il est primordial de créer du lien entre l’école et les familles ». L’objectif, c’est donc de décloisonner l’enseignement et de l’intégrer à la vie de ces jeunes, « il faut montrer que le travail n’est pas coupé de la découverte ».

Clément  Bordenave
Clément Bordenave

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 09/07/2020